[English + French]
🇬🇧🇺🇸 Jurassic World Rebirth (2025) by Gareth Edwards. After a mixed trilogy, which is not unlike the structure of the Star Wars sequel trilogy (with the progressive return of iconic actors in the first two movie, then a big final reunion in the third), the dinosaurs return to the big screen. The universe is enriched with a new island, Saint-Hubert, dropping the prefix “Isla” without justification.
The beginning presents this island as a laboratory where experiments produced failures who did not get their chance in the 2015 park. The opening scene strongly echoes the 2014 Godzilla movie, also directed by Edwards, with its ground-level shots and impressive low angles that highlight the creatures’ enormity. The direction, often at eye level, manages to convey their grandeur, but too often these creatures remain in the background and fail to make us feel the thrill of their size. Smarter directorial choices, such as shots showing only part of their body (a paw, a tail, a jaw next to a human) would have better emphasized their gigantism rather than showing them too often in full.
Some scenes work, however, like the boat scene at the start and the T-Rex scene (despite jaw weaknesses), which manage to bring some interest to the characters.
But the story doesn’t follow: a classic extraction mission, without surprises, where as soon as the team boards, we know who is good, who is bad, and who will die. It’s quite difficult to connect with the characters because of their lack of depth; it feels like they were created for this mission and nothing else before. Scarlett Johansson seems absent and unwilling to be there. Jonathan Bailey, on the other hand, is a copy of Dr. Grant, taking some of his reactions and having little use.
The real failure comes from the mutations. The Mutadon has an interesting idea, one of the best-known predators who keeps its agility with better mobility thanks to wings. However, the Distortus is a total failure. Its design seems messy, as if several concepts were superimposed without real coherence. It’s hard to understand what it’s supposed to represent, a mix of T-Rex, beluga, and a Rancor, nor how its mutation would improve its abilities given its appearances which are synonymous with slowness. It would have benefited from being completely redesigned or removed.
The movie almost makes us regret Jurassic Park III and Dominion. The franchise should stay on pause for a few years to come back under better conditions eventually.
🇫🇷 Jurassic World: Rebirth (2025), par Gareth Edwards.
Après une trilogie en demi-teinte, qui n’est pas sans rappeler la structure de la postlogie Star Wars (avec le retour progressif d’acteurs emblématiques dans les deux premiers films, puis une grande réunion finale dans le troisième), les dinosaures reviennent sur grand écran. L’univers s’enrichit d’une nouvelle île, Saint-Hubert, abandonnant au passage le préfixe « Isla » sans justification.
Le début nous présente cette île comme un laboratoire où les expériences ont donné des ratés qui n’ont pas eu leur chance dans le parc de 2015. La scène d’introduction fait très écho au film Godzilla de 2014, également réalisé par Edwards, avec ses plans au sol et contre-plongées impressionnantes, qui soulignent la démesure des créatures. La mise en scène, souvent à hauteur d’homme, parvient à restituer leur grandeur, mais trop régulièrement ces derniers sont au second plan et peinent à nous faire ressentir le frisson de leur démesure. Des choix de mise en scène plus judicieux, comme des plans laissant entrevoir seulement une partie de leur corps (une patte, une queue, une mâchoire avec un humain à côté) auraient mieux souligné leur gigantisme, plutôt que de les intégrer trop souvent en entier.
Certaines scènes fonctionnent néanmoins, comme celle du début en bateau et celle du T-Rex (malgré des faiblesses de mâchoire) qui parviennent à faire émerger un peu d’enjeu autour des personnages.
Mais le scénario ne suit pas : une mission d’extraction classique, sans surprise, où chaque membre de l’équipe semble porter une étiquette visible dès sa première apparition : qui est gentil, méchant et qui va mourir. S’attacher aux personnages est assez compliqué à cause de leur manque de profondeur ; on a l’impression qu’ils ont été créés pour cette mission et rien de plus auparavant. Scarlett Johansson semble absente et ne pas vouloir être là. Jonathan Bailey, de son côté, est une copie du Dr Grant, reprenant certaines de ses réactions et n’ayant pas grande utilité.
Le véritable naufrage vient des mutations. Les Mutadon ont une idée intéressante : un des prédateurs les plus connus qui garde son agilité avec une meilleure mobilité grâce à des ailes. En revanche, le Distortus est un raté total. Son design semble brouillon, comme si plusieurs concepts avaient été superposés sans réelle cohérence. On peine à comprendre ce qu’il est censé représenter, un mélange de T-Rex, béluga et Rancor, ni en quoi sa mutation améliorerait ses capacités à cause de ses apparitions qui sont synonymes de lenteur. Il aurait gagné à être entièrement repensé ou supprimé.
Le film nous ferait presque regretter Jurassic Park III et Dominion. La franchise devrait rester en pause quelques années afin de revenir dans de meilleures conditions, éventuellement.